La césarienne en urgence: Houda

On s’imagine toute un accouchement par voie basse, sans incident, mais il arrive parfois que les choses ne se passent pas comme on l’avait imaginé. Aujourd’hui, Houda, maman de deux petites filles nous fait partager son expérience de la césarienne en urgence. Ce témoignage vous permettra peut être de vous préparer à cette éventualité ou simplement de l envisager à travers les yeux d une maman qui nous parle à cœur ouvert de ce qu’elle a vécu et ressenti ce jour là.

Pendant la grossesse, on est submergé par de nombreux sentiments. La joie, l’excitation entre autres mais également le doute, l’angoisse, …

On s’imagine l’accouchement et la rencontre avec son bébé durant neuf mois, mais il faut savoir que ça ne se passe jamais comme on l’a prévu.

Comme toutes les femmes enceintes, je me suis projetée pendant neuf mois à ce moment «magique ». Le scénario a connu quelques modifications, certes mais je tiens à rester positive et me dire que mon bébé m’en fera oublier les aspects négatifs.

Je tiens également à rappeler, que je relate, ici, ma propre expérience et que celle-ci est propre à moi et donc unique. Ne vous dites pas en lisant, que vous vivrez la même chose que moi …

Soit. J’ai vécu deux accouchements pratiquement semblables, à quatre ans, jour pour jour d’intervalle… oui oui, mes princesses sont nées le même jour …

Pour ma première, la grossesse était relativement sereine sauf à la fin car j’ai appris que je faisais du diabète gestationnel. Là, on m’a expliqué que je devrais être déclenchée 15 jours avant mon terme. Enfin, je pensais naïvement que la parole du gynécologue etait parole d’évangile, mais non, j’aurais pu refuser le déclenchement ! Je me suis donc fait une raison, je ne vivrais pas les premiers moments du travail … les premières contractions à la maison, la perte des eaux, la précipitation…

Je suis donc rentrée à la clinique le mercredi soir pour subir un déclenchement le lendemain matin. Au réveil, on m’a inséré un tampon hormonal et j’ai du attendre au moins 24 heures pour avoir des contractions dites de travail. Là, commence une longue attente et un mélange de sentiments.

Vers 16 heures, j’ai commencé à avoir de grosses contractions. Je me voyais avec ma puce dans les bras dans pas longtemps… mais tout est relatif ! Les contractions étaient horribles, j’avais du mal à gérer, alors je prenais des douches, des bains…

Vers 20 heures, on me descend en salle de travail et une fois sur place je me calme … je patiente… et finalement on me remonte et on m’insère un autre tampon hormonal. Rebelote quoi …

Le lendemain, j’ai eu énormément de contractions, et une fois encore, on me descend à 19 heures. Là on me fait une perfusion d’ocytocine. Puis, on me pose la péridurale, heureusement d’ailleurs!

Le col n’était ouvert qu’à deux…ce n’est qu’après l’accouchement qu’on m’expliquera que le travail a été ralenti par le déclenchement. Ce n’était juste pas le moment…

Bref, à 00h00 le col n’avait pas beaucoup bougé et ma puce était encore bien haute. Une autre dose d’ocytocine semblait nécessaire. Et puis ça ne me gênait pas puisque je ne sentais pas les contractions. Seulement, je commençais à me fatiguer, et apparemment, le bébé aussi. Le monitoring auquel j’étais reliée depuis un bon moment, montrait des souffrances fœtales.

Un peu avant 2h du matin, on me met un masque à oxygène sur la bouche et sans même me prévenir, on me conduit au bloc.

A 2h12, on me montre mon bébé avant de recoudre mon utérus. Eh oui ce que je redoutais le plus durant les neuf derniers mois venait de se produire en moins de 20 minutes…

Sur le coup, j’étais soulagée, car très fatiguée… soulagée que tout cela soit fini, soulagée de voir ma fille, soulagée qu’elle soit en bonne santé….

Le lendemain, par contre la douleur est venue me rappeler cette épreuve. J’ai eu le sentiment que je n’avais pas vécu mon accouchement, je l’avais « subi ». Rajoutez à cela la baisse considérable des hormones et on obtient une déprime. Heureusement que ma fille était là…

De retour à la maison, j’ai voulu comprendre et j’ai demandé par écrit, mon dossier et le compte rendu de l’accouchement. J’ai ensuite pris rendez vous avec un gynécologue, à qui j’ai posé toutes les questions que j’avais noté. Ma petite déprime a bien duré 6 mois, mais une fois de plus, ça, c’est mon histoire à moi, mon accouchement.

Pour mon deuxième accouchement, je pensais être rodée… j’ai tout essayé pour accoucher par voie basse … mais non, âpres 26 heures de travail, j’ai du passer au bloc … « même joueur joue encore ».

Là, par contre, je l’ai mieux vécu. Parce que justement, je me suis documentée, je savais qu’après une première césarienne, l’utérus était fragilisé et puis il faut dire aussi que j’ai été super bien suivi …  Même si ça a été également une épreuve, je suis beaucoup plus sereine deux mois après ma césarienne et puis il faut dire qu’on a moins le temps de déprimer avec deux enfants !!!

Merci Houda.


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