L’accouchement de Emma

Un accouchement très émouvant et un récit qui nous fait vivre avec précision et intensité la naissance de cette jolie petite fille.

Vendredi 25 novembre 2011.

Vers 5 heures de l’après midi les contractions ont commencé, j’ai senti la différence parce qu’elles étaient plus fortes, mon ventre se durcissait nettement. J’ai alors commencé à compter les minutes entre chaque contractions, juste par réflexe, je ne m’imaginais pas que ce serait pour aujourd’hui (même si depuis le début de ma grossesse j’avais l’intuition que j’allais accoucher le 25 novembre alors que ma dpa c’était le 2 décembre).

Les premières contractions étaient espacées d’à peu près 15 minutes, puis 10 … je savais que le départ à la maternité devait se faire lorsqu’on ressentait des contractions toutes les 5 minutes pendant 2 heures. A chaque contraction je regardais ma montre, mon homme me scrutait du coin de l’œil. De temps en temps il me demandait « ça fait combien ? » je lui répondais 12, ou 9, ou bien encore 15. En fait elles n’étaient pas du tout régulières, elles oscillaient entre 5 et 12 minutes. On n’était pas du tout stressé.

Vers 22 heures, je ressentais toujours les contractions, mon homme me demanda s’il fallait quand même aller à la maternité. Je ne savais pas alors j’ai décidé d’appeler la maternité pour demander conseil. Une femme me répondit, me demanda comment je les ressentais, de combien elles étaient espacées, puis elle me conseilla de venir à la maternité passer un monitoring. Le sac était déjà prêt depuis un peu plus de 2 semaines du coup on est parti rapidement.

Arrivé à la maternité, vers 23 heures, on a dû entrer par les urgences (l’entrée principale étant fermée à cette heure tardive), on a signalé notre présence à l’accueil qui a appelé le service obstétrique, puis on a pris la direction du premier étage… je ne conseille à personne de prendre l’ascenseur dans cet état ! J’ai bien cru que j’allais accoucher dedans ! Le premier étage était calme, il n’y avait personne. La sage femme que j’avais eu au téléphone m’accueillit et nous dirigea vers une salle d’observation. Pose du monitoring, tout de suite on entendit le cœur du bébé dans le silence du service. Je ne sais pas pourquoi mais elle a eu beaucoup de mal à positionner le capteur pour les contractions. Le tracé fut bon. Elle m’ausculta, dilatation à 1.5 cm, autant dire pas grand-chose mais elle nous annonça « bon ba vous êtes en travail c’est pour cette nuit ». Là le stresse monta d’un seul coup mais soulagement d’être fixé, mon homme alla chercher mon sac qui était resté dans la voiture pour aller le mettre dans la chambre, tandis que moi je restais encore sous monitoring.

La sage femme me demande si je souhaite prendre un bain, l’eau chaude soulagerait la douleur des contractions, j’accepte, de toutes façons il fallait bien faire passer le temps … résultat je suis restée 2 heures dans la baignoire ! Les contractions étaient de plus en plus douloureuses et j’étais crispée à chaque fois, ne sachant comment me positionner pour que ça fasse moins mal. La sage femme m’apporta une blouse et m’annonça qu’on allait se rendre en salle de naissance.

La pièce était spacieuse, je n’imaginais pas ça comme ça, il n’y avait pas trop de machines, de fils etc., juste une table d’accouchement, un plan de travail dans le fond, un ou deux tabourets, un appareil pour mesurer la tension, un pour l’anesthésie et des plans de travail mobiles. Une fois installée sur la table, la sage femme regarda à nouveau le col, j’étais à 2 cm, elle me demanda si je souhaitais une péridurale, au début je ne la voulais pas mais vu comment les contractions étaient douloureuses j’ai dis oui direct ! Malheureusement la pose de la péridurale se fait à 3 cm, il fallait attendre encore un peu… Elle me posa le cathéter sur le bras gauche et le truc pour prendre la tension sur le bras droit. Horrible truc qui toutes les 2 minutes pendant près de 4 heures aura pris ma tension, se gonflant, dégonflant… comme si je n’étais pas assez branchée, le monitoring fut remis en place avec toujours les bruits de battements du cœur du bébé.

Pendant l’attente, mon homme n’arrêtait pas de faire des allers-retours cigarettes, je rêvais d’une cigarette a ce moment mais impossible de bouger, j’étais branchée de partout. Vers 3 heures du matin, nouvel examen : 3 cm c’est bon on peut poser la péridurale ! L’anesthésiste vient, puis l’infirmière me met assise, il faut faire le dos rond, difficile de rester détendue avec les contractions et dans cette position… mais quand on sait où se pose la péridurale on préfère ne pas bouger ! La sensation est vraiment bizarre, on sent tout de suite les jambes s’engourdirent, les fourmis arrivent dans les pieds. Je me rallonge, la sage femme me dit « maintenant il faut attendre, profitez en pour vous reposer ». Me reposer ?? Ok je n’avais pas dormi depuis la veille mais loin de moi l’envie de dormir. Le seul truc qui me tiraillait c’était la faim et la soif, rien manger depuis le repas du midi … et dès l’instant où on entre à la maternité, interdiction de manger et boire … pas facile non plus de se reposer avec tous les branchements. Je pris une position en grenouille : les genoux pliés et les pieds relevés près des fesses, je me disais que pour accélérer le travail et détendre le col c’était peut-être la meilleure position que je pouvais avoir allongée. Mon homme me laissa un peu et alla prendre un café grrr … J’essayais de me reposer mais impossible bien que à présent je ne sentais plus les contractions grâce à l’anesthésie.

La sage femme revint, regarda mon col, le tracé du monitoring et me dit que les contractions ralentissaient et diminuaient d’intensité (sûrement l’anesthésie) et du coup elle me posa une nouvelle arrivée au niveau de ma perfusion, un produit pour accélérer le travail. A partir de là mon stresse se transforma en angoisse, impossible de me reposer d’avantage, mon regard restait fixé sur le tracé du monitoring, plus précisément sur la ligne correspondant au cœur du bébé, j’entendais toujours les battements mais je vérifiais la régularité. Je savais ce que c’était que la souffrance fœtale et ce que ça induisait : césarienne. En tout cas dans ma tète c’était ça et vu que je n’ai jamais été opérée, la césarienne était pour moi l’angoisse et la peur absolue.

30 minutes après la sage femme revint, toujours les mêmes choses : col, tracé. Bon les contractions reprenaient mais tout ça prenait du temps alors elle décida de percer la poche des eaux. Elle s’installa à mes pieds, m’expliqua ce qu’elle allait faire. Avec un petit crochet elle va attraper le bas de la poche et la rompre. Grâce à l’anesthésie je n’ai rien senti. Nouvelle attente. Je repris la position « grenouille ».

Vers 4 heures 30 du matin, la sage femme revint, nouvel examen, elle me dit « c’est beaucoup mieux, dans une heure c’est bon ! » je lui demanda « quoi dans une heure ? » « Et bien on va commencer le travail ». Woaw alors la l’impatience grandit d’un seul coup ! Mon homme aussi fut impatient. La sage femme me dit qu’elle allait purger ma vessie, il ne vaut mieux pas être pudique dans ce cas là… avec une sonde elle déclencha le relâchement de la vessie. Toujours grâce à l’anesthésie je n’ai rien senti. Foutue anesthésie quand même, les fourmis dans les pieds et surtout l’engourdissement de tout le bas du corps commençait à me déranger. Du fait de rester sur le dos, je ne sentais plus du tout mes fesses, c’était horrible.

Plus que 1 heure d’attente environ, l’instant précieux arrivait.

Enfin la sage femme arriva accompagnée d’une auxiliaire de puériculture, cette dernière alla chercher mon homme qui était encore en bas. Quand tout le monde fut là, je me mis en position. Elle m’expliqua que dès que je ressentais une contraction il fallait que je pousse. Mais voilà le problème c’était que à cause de la péridurale, je ne ressentais plus du tout les contractions, juste un petit durcissement au niveau de l’estomac mais à peine perceptible. J’essayais, je poussais. La sage femme me demanda si je poussais, je répondis oui, elle me dit que ça ne faisait rien, elle mit ses mains : « vous sentez mes mains, c’est la qu’il faut pousser » facile à dire ! J’essayais à nouveau mais ce fut très pénible, moi-même je n’avais pas l’impression de pousser. Mon homme m’encourageait mais c’est tout ce qu’il pouvait faire et se sentait impuissant, je le voyais bien.

Au bout d’une dizaine de minute, la tête du bébé fut enfin en vue mais je n’en pouvais plus, la fatigue, l’angoisse, le sentiment que je n’arriverais pas à le sortir grandissait, les larmes commençaient à monter, je me suis dis « je n’y arriverais jamais ». C’est alors qu’à ce moment là, le monitoring (je l’avais oublié celui là) se mit à biper très fort au point que j’ai sursauté, j’ai demandais ce qu’il se passait, la sage femme me répondit « rien, rien » et demanda à sa collègue d’aller éteindre l’appareil, ce qu’elle s’empressa de faire. A ce moment, je pris peur pour le bébé, je me suis dis que si ça continuait à être aussi long, il risquait d’entrer en souffrance, que son cœur n’allait pas suivre. Je poussais, mais comme je n’avais jamais poussais avant ! Je me disais, j’en suis là, je ne peux pas reculer, va bien falloir qu’il sorte !« La tête est sortie, arrêtez de pousser », je respirais, ouf j’ai réussi le plus dur. La sage femme me dit « il y a un début de déchirure, je vais faire une épisio ». Même pas peur ! À la limite entre césarienne et épisio pour moi le choix est vite fait ! Dernière poussée, j’y ai mis tout ce que j’avais. J’en senti le bébé sortir, le soulagement, à ce moment là on se dit « ça y est c’est fini ! ». La sage femme me déposa le bébé sur le ventre, le couvrit avec une couverture « félicitations ! ».

Papa est ému, maman aussi. Elle est magnifique.

Le samedi 26 novembre 2011 à 5 heures 50, notre princesse a ouvert les yeux.

Merci Emma.


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